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Sept questions à Diane Ouimet

La lauréate nationale pour le volet communautaire du Prix des entraîneuses BFL CANADA raconte comment son expérience acquise au hockey de haut niveau a façonné sa passion de l’entraînement à l’échelle locale

Jayla Jeske
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24 juillet 2026
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Pour Diane Ouimet, entraîner, c’est mettre son expérience de haut niveau au service de la communauté. Après avoir passé neuf ans en tant que thérapeute en sport au sein de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ), tout en s’impliquant au sein du Programme national féminin de Hockey Canada et d’équipes de l’Université St. Francis Xavier, elle a développé une philosophie d’entraînement fondée sur le respect et l’inclusion.

Depuis qu’elle est mère, son engagement envers le hockey n’a fait que se renforcer. Inspirée par les leaders qu’elle a côtoyés aux plus hauts échelons de ce sport, Ouimet est revenue au hockey mineur, déterminée à offrir aux jeunes, y compris à ses propres enfants, les mêmes encouragements et le même sentiment d’appartenance dont elle avait été témoin tout au long de sa carrière.

Cette saison, elle a l’honneur d’être la lauréate nationale du Prix des entraîneuses BFL CANADA pour le volet communautaire. Ce prix rend hommage aux entraîneuses qui changent la donne à l’échelle locale.

HockeyCanada.ca s’est entretenu avec elle pour discuter de la manière dont ses expériences l’ont aidée à exercer une influence positive en tant qu’entraîneuse.

Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez appris que vous étiez choisie à titre de lauréate nationale du Prix des entraîneuses BFL CANADA?

J’ai été surprise lorsque j’ai appris que j’avais été nominée en Nouvelle-Écosse et sélectionnée comme lauréate provinciale. Quand j’ai appris que j’avais été choisie au niveau national, je crois même que j’ai ressenti un petit syndrome de l’imposteur. Il y a tellement d’entraîneuses exceptionnelles partout au pays que je me suis sentie vraiment honorée d’être reconnue et de recevoir ce prix.

Je pense également qu’il est important de mettre en lumière les femmes qui exercent ce métier en général, car l’accès n’est pas toujours facile. Pour les mères, trouver le juste équilibre est particulièrement difficile. Celles qui prennent cette initiative méritent d’être saluées.

Quelle a été votre inspiration pour faire le saut derrière le banc et garder votre passion vivante au fil des ans?

J’ai commencé à entraîner au début de la vingtaine, à titre de bénévole au soccer, pour redonner à la communauté.

Par la suite, j’ai été thérapeute en sport pendant neuf ans au sein de la LHJMQ, où j’ai pu découvrir le quotidien d’un personnel entraîneur. Depuis 2013, je travaille également au sein du Programme national féminin de Hockey Canada, toujours en tant que thérapeute en sport, et j’apprends aux côtés d’entraîneuses et d’entraîneurs ainsi que de femmes d’exception.

Lorsque j’ai eu des enfants, j’ai voulu offrir à la communauté ce que j’avais appris au niveau national. Je n’avais jamais connu ce genre d’environnement pendant mon enfance, et je savais que c’était une chance. C’était important pour moi d’offrir cette expérience à d’autres personnes, surtout à mes filles.

Depuis que je suis mère, une grande partie de mon inspiration vient de mon désir d’être un modèle féminin pour mes filles et les autres enfants de la communauté; je voulais qu’ils puissent voir une femme sur le banc et sur la glace dans un sport aussi dominé par les hommes.

Comment décririez-vous votre style d’entraînement et quelles sont les valeurs que voulez transmettre à vos athlètes?

Dans les catégories d’âge où j’ai œuvré comme entraîneuse, la victoire n’est pas ce qui importe le plus pour moi. Ce n’est pas que je ne m’en soucie pas, mais je mise davantage sur l’esprit sportif. Notre objectif est de former de jeunes athlètes et de leur donner le goût de continuer dans notre sport. Il faut les amener à vouloir revenir jouer l’année suivante.

L’esprit sportif, ça commence par le respect mutuel, et le respect envers les arbitres et juges de lignes, l’équipe et les parents, sans oublier l’importance de travailler fort et de faire preuve de bienveillance. Je souhaite également créer un environnement accueillant où les jeunes se sentent à l’aise d’être authentiques, puisque c’est quelque chose dont toute l’équipe bénéficie.

Le sport doit être amusant. Sinon, à quoi bon? Il vaut mieux se concentrer sur le processus plutôt que sur les résultats. On ne peut pas tout contrôler, mais on peut contrôler la manière dont nous traitons les autres et à quel point on se donne.

C’est mon expérience au sein de la LHJMQ et auprès de Hockey Canada qui a façonné ma philosophie d’entraîneuse. J’ai appris auprès de personnes qui dirigent avec calme et respect. Au cours de mes cinq années passées avec les Mooseheads de Halifax, j’ai entendu un entraîneur monter le ton peut-être cinq fois. J’ai compris que l’intimidation n’était pas le meilleur moyen de tirer le meilleur de jeunes athlètes.

Qu’est-ce qui vous a le plus apporté dans le fait d’offrir une expérience positive aux jeunes athlètes et à leur famille?

Pour moi, c’est ce qu’il y a de plus gratifiant dans le métier. On a éprouvé des difficultés cette saison. On a accordé environ 246 buts, et on en a peut-être marqué 14. Pourtant, malgré la grande diversité des niveaux d’habiletés dans notre équipe, je n’ai jamais entendu une athlète tenir des propos négatifs à l’encontre d’une coéquipière. Personne ne quittait jamais la glace avec une mauvaise mine; il aurait été impossible de deviner que nous enchaînions les défaites.

Ça montre bien que le pointage n’est pas si important que ça. On a formé une équipe où les filles se soutenaient mutuellement, peu importe le pointage ou les prouesses individuelles. Après chaque but accordé, on se donnait toujours une petite tape sur les épaules; on se soutenait toujours les unes les autres et on évitait les propos négatifs.

Qui a eu la plus grande influence sur votre parcours d’entraîneuse et vous a le plus aidée à devenir l’entraîneuse que vous êtes aujourd’hui?

Dans la LHJMQ, j’ai côtoyé des gens qui ont brisé le stéréotype que j’avais de ceux et celles qui dirigent en s’appuyant sur de vieilles méthodes. J’ai côtoyé Dom Ducharme pendant cinq ans à Halifax. C’était un enseignant qui avait un style d’entraînement que je ne connaissais pas du tout. L’enseignement était au cœur de son approche.

C’était la même chose pour Jon Greenwood, un entraîneur adjoint qui était également un enseignant. Lui non plus ne se laissait jamais trop emporter par ses émotions. Jim Midgley faisait aussi partie de ce groupe.

Au sein de l’équipe nationale féminine, et pendant les camps et les événements organisés par Hockey Canada, côtoyer Troy Ryan, Kori Cheverie, Vicky Sunohara, Caroline Ouellette, Carla MacLeod et tant d’autres m’a confortée dans l’idée qu’il est essentiel de créer une culture d’équipe positive. Une fois cet environnement en place, les résultats ne sont jamais loin.

Ces personnes m’ont vraiment fait prendre conscience de l’importance de la culture d’équipe. Je peux aussi mentionner Gina Kingsbury. La manière dont elle a dirigé le programme féminin de Hockey Canada, en ralliant tout le monde et en s’assurant que tout le monde s’entraide, montre à quel point cette approche est efficace tant dans l’enseignement que dans l’entraînement.

Qu’est-ce que ça signifie pour vous de recevoir ce prix pendant une période aussi exaltante pour le hockey féminin au Canada?

J’étais un peu en marge de cette évolution pendant les événements nationaux… Surtout observatrice. J’ai l’impression d’avoir pu suivre l’évolution de la LPHF et constater ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Que ce soit lors de conversations avec des athlètes ou en participant à des discussions de groupe, j’ai pu observer ce qui se passait.

Ce que j’aime particulièrement dans la LPHF, c’est qu’elle offre à davantage de femmes et de jeunes filles la possibilité de vivre la même expérience que celle que j’ai vécue en travaillant avec des athlètes ainsi que des entraîneuses et entraîneurs à l’échelle nationale. C’est difficile à décrire. En somme, elle permet à davantage de femmes de vivre cette expérience.

C’est très valorisant de voir l’essor du hockey féminin, et le fait de recevoir ce prix à un moment aussi passionnant pour le sport est d’autant plus gratifiant. Je suis honorée d’avoir joué un petit rôle.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes qui souhaitent faire carrière en tant qu’entraîneuse?

Une chose est certaine : vous en savez plus que vous ne le pensez, et votre potentiel dépasse votre imagination. Saisissez cette chance et devenez le modèle que vous êtes capables de devenir. Qui le fera, sinon?

J’ai gardé cet état d’esprit tout au long de ma carrière, même en tant que thérapeute en sport. Quand je travaillais dans la LHJMQ, il y avait très peu de femmes dans ce métier. À un moment donné, nous n’étions que deux, et quand je suis partie, je crois qu’il y en avait environ huit.

En tant que femme à un poste de leadership, je pense que vous aurez un impact considérable sur les jeunes filles que vous entraînerez. Parfois, le simple fait de répondre à l’appel et de tenter sa chance peut changer la donne.

Pour plus d'informations :

Esther Madziya
Responsable, communications
Hockey Canada

(403) 284-6484 

emadziya@hockeycanada.ca

 

Spencer Sharkey
Responsable, communications
Hockey Canada

(403) 777-4567

ssharkey@hockeycanada.ca

 

Jeremy Knight
Responsable, communications organisationnelles
Hockey Canada

(647) 251-9738

jknight@hockeycanada.ca

 

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