Lyndsey Janes avait toujours voulu être une entraîneuse. C’est juste qu’elle
croyait qu’une telle occasion se présenterait un peu plus tard dans sa vie.
Or, l’ancienne athlète du réseau U SPORTS termine sa première saison à titre
d’entraîneuse adjointe de l’équipe de hockey féminin de l’Université du
Manitoba.
« Le sport a toujours occupé la plus grande place dans ma vie, lance Janes.
Je savais qu’une fois ma carrière d’athlète terminée, je voudrais continuer
de naviguer dans ce sport. Que j’aimerais occuper un poste d’entraîneuse,
mais je pensais que j’allais simplement me retrouver à diriger mes enfants
un jour. »
Janes, qui a passé six saisons (2019-2025) à l’Université Mount Royal (MRU),
dont les deux dernières avec le « C » sur son chandail, a obtenu son premier
mandat d’entraîneuse grâce au programme Entraîneuses en herbe, soutenu par
la Fondation Hockey Canada.
« Sans le programme Entraîneuses en herbe, je n’occuperais pas mon poste
actuel. »
Cette initiative offre à des étudiantes-athlètes du mentorat, des ressources
et du soutien pour faire en sorte que leur expérience en entraînement soit
positive. L’objectif est d’ouvrir des portes à des athlètes pour qu’elles
puissent trouver d’autres débouchés au hockey dans l’avenir.
Janes a amorcé ses études à la MRU en enseignement, mais a décidé par la
suite de faire un baccalauréat avec double majeure en administration des
affaires et en marketing. Elle ne s’est jamais vraiment sentie à l’aise avec
son choix de programme d’études, car elle s’était toujours imaginée œuvrer
dans le domaine du hockey.
L’entraîneur-chef de son équipe Scott Rivett lui a parlé d’Entraîneuses en
herbe, et c’est à partir de ce moment qu’elle a commencé à rêver d’un
nouveau rôle après sa carrière sur glace. Rivett a soumis la candidature de
Janes, qui a été acceptée au sein de la troisième cohorte du programme pour
une durée de deux ans à compter de l’automne 2023.
« [Scott] savait que j’avais un peu d’expérience, car j’avais occupé un
poste d’entraîneuse lors d’un tournoi chez moi en Alberta, et il a
communiqué avec moi pour savoir si j’avais un intérêt à me joindre au
programme Entraîneuses en herbe, raconte Janes. Après qu’il ait proposé ma
candidature, j’ai postulé et j’ai été acceptée. Le reste appartient à
l’histoire. »
Janes a été mise en relation avec deux équipes féminines de hockey mineur
dans la région de Calgary. Elle a passé une saison comme entraîneuse
adjointe avec le Lightning d’Airdrie (M18 AA) et une autre avec le Fire de
Calgary (M18 AAA) tout en finissant ses études à la MRU.
« J’avais un poste à temps partiel, car je jouais encore au hockey à ce
moment, mais cette expérience m’a vraiment fait réaliser que je pourrais en
venir à faire carrière en entraînement. »
Elle a appris beaucoup des autres membres des personnels entraîneurs avec
qui elle a travaillé : comment gérer la dynamique dans le vestiaire, les
séances d’entraînement et les matchs pour établir des liens avec les
joueuses et gagner leur confiance.
« Ma première expérience derrière le banc était cool, confie Janes. Je
n’étais pas toujours la joueuse avec le coup de patin le plus rapide, le
meilleur tir ou le plus d’habiletés. Mais l’un de mes points forts était mon
sens du hockey, ma vision et ma manière de lire le jeu. J’ai constaté que le
rôle d’entraîneuse me permettait d’utiliser ces forces d’une autre façon. »
Quand elle jouait, Janes a vécu des émotions mitigées avec les personnes qui
l’ont dirigée. Elle en a eu des positives qui ont fait croître son amour
pour son sport. Mais elle a également connu des saisons plus éprouvantes à
ce chapitre.
« La majeure partie de mon parcours au hockey a été positive pour mon
développement, et j’ai pu profiter de bon nombre d’occasions, confie-t-elle.
J’ai eu la chance de jouer pour plusieurs bonnes personnes qui m’ont
tellement appris de choses, et j’ai aussi vécu des expériences moins
heureuses. Comme entraîneuse, je voulais permettre à mes joueuses de vivre
de beaux moments et je désirais avoir une bonne influence sur les jeunes de
la relève. »
L’occasion de se joindre aux Bisons de l’Université du Manitoba s’est
présentée rapidement l’été dernier. En mai, l’équipe a embauché Jordan
Colliton, qui était l’entraîneuse associée de Janes lorsqu’elle jouait à la
MRU. Colliton avait également été l’entraîneuse-chef de l’IF de Leksands
dans la ligue de hockey féminin de la Suède.
Janes et Colliton sont entrées en contact et ont discuté du poste, ce qui a
mené au processus d’embauche. Janes est reconnaissante que le programme
Entraîneuses en herbe l’ait aidée à accéder à ce poste en toute confiance.
« Ce n’était pas une occasion à laquelle je m’attendais nécessairement.
Lorsqu’elle s’est présentée à moi, je ne pouvais passer à côté. Quelques
semaines après, j’ai déménagé à Winnipeg. Je ne pensais pas pouvoir vivre
une telle expérience si tôt dans ma carrière derrière le banc. »
Les Bisons ont eu une saison régulière plutôt ordinaire, maintenant une
fiche de 13 victoires et 15 défaites, ce qui leur a valu le cinquième rang
du classement. Cependant, l’équipe s’est mise en marche au bon moment et a
causé une surprise en demi-finale de la division de l’Ouest du Canada pour
vaincre la MRU et accéder à la série de championnat, où elle a passé près de
vaincre l’Université de la Colombie-Britannique.
Maintenant, les Bisons se frotteront aux meilleures formations du pays lors
du championnat national U SPORTS, qui aura lieu du 19 au 22 mars à Waterloo,
en Ontario.
« Je suis tellement ravie d’avoir sauté sur cette occasion, j’ai vraiment
appris, et notre groupe d’athlètes est incroyable, s’exclame Janes. C’est la
première fois que je vois une équipe aussi soudée, et la dynamique dans
notre vestiaire est très spéciale. On a eu une année extraordinaire. »
Maintenant que Janes a réalisé le rêve qu’elle envisageait de vivre plus
tard dans sa vie, elle veut profiter du moment présent avec les Bisons et
continuer d’apprendre et de progresser dans le rôle d’entraîneuse. Mais elle
mentirait si elle disait qu’elle ne caresse pas l’idée de diriger la crème
de la crème du hockey.
« Cette année m’a permis de confirmer hors de tout doute que je voulais être
une entraîneuse. Je ne me vois nulle part ailleurs que derrière un banc.
C’est la première chose qui m’a fait vivre la même passion et la même joie
que lorsque je chaussais les patins, explique-t-elle. Évidemment, la roue
commence à tourner, et je me mets à penser à ce que je voudrais accomplir,
et présentement, c’est un moment exaltant pour les femmes au hockey, donc
j’estime que les possibilités sont illimitées.
« Je sais que mes rêves sont grands, mais j’adorerais pouvoir diriger dans
la LNH ou dans la LPHF et côtoyer les plus grands et plus grandes athlètes
du hockey. Mais je suis très reconnaissante de pouvoir déjà travailler avec
des hockeyeuses de l’élite. »