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2026 pride tape puck stack

Sept questions avec Jeff McLean et Dean Petruk

Les cocréateurs de l’initiative Pride Tape évoquent les origines de leur projet, leurs plus beaux souvenirs de la dernière décennie et l’impact sur la communauté LGBTQ+

Shannon Coulter & Jason La Rose
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24 juin 2026
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Ce qui au départ devait être une simple illustration a mené à la création de l’un des symboles les plus reconnaissables de la communauté LGBTQ+ dans le monde du sport.

Cette année marque le dixième anniversaire de la création du ruban de la Fierté (« Pride Tape » en anglais) par Jeff McLean et Dean Petruk. La description qui suit est traduite de la version anglaise sur le site Web de l’organisme :

Le ruban de la Fierté, c’est un signe d’appui de la part de coéquipiers ou coéquipières, du personnel entraîneur, des parents et des équipes professionnelles envers les jeunes de la communauté LGBTQ+. Un symbole qui rappelle un fait bien simple : tout le monde a sa place dans le sport. Les profits de la vente du ruban de la Fierté servent également à soutenir des initiatives de sensibilisation aux enjeux touchant la communauté LGBTQ+. C’est donc dire que chaque rouleau de ruban a un impact, et pas seulement dans le monde du sport. Notre objectif commun est de faire du sport, à tous les niveaux, un milieu plus accueillant et plus inclusif pour les jeunes, leurs familles, ainsi que les partisans et partisanes, peu importe leur origine ethnique, la couleur de leur peau, leur âge, leurs capacités, leur religion, leur nationalité, leur sexe, leur identité ou expression de genre, leur orientation sexuelle ou leur situation socioéconomique.

HockeyCanada.ca a rencontré Jeff McLean et Dean Petruk pour connaître leur parcours au cours de ces dix dernières années.

D’où est née l’idée du ruban de la Fierté?

JM : Il y a dix ans, je travaillais pour une agence de publicité à Edmonton. On collaborait à l’époque avec M. Kris Wells, de l’Université de l’Alberta, sur un projet intitulé « nohomophobes.com », qui consistait à récupérer en temps réel les publications homophobes sur Twitter. Ce que l’on a constaté lors de nos premiers essais sur le site, c’est que les tweets homophobes étaient plus fréquents lors des grands événements sportifs. On avait le sentiment qu’il fallait faire quelque chose pour s’attaquer à l’homophobie dans le sport. Il ne restait plus qu’à savoir comment s’y prendre.

On m’avait chargé de trouver une idée. Notre choix s’était arrêté sur le hockey, car j’avais quelques amis dans la LNH, tout comme Kris, qui connaissait Andrew Ference, alors capitaine des Oilers d’Edmonton. À l’origine, il s’agissait d’un concept ponctuel, où l’idée était de prendre en photo un joueur ou une joueuse en train de préparer son bâton avec du ruban, pour ensuite utiliser Photoshop afin d’ajouter les six couleurs du drapeau de la Fierté au ruban. En me rendant au travail un matin, je me suis dit que s’il était possible de fabriquer du ruban avec des motifs répétés, comme on le faisait avec le logo de Hockey Canada ou celui de Batman, par exemple, peut-être que l’on pouvait en faire autant avec les six couleurs et fabriquer ce ruban pour vrai.

C’est là que j’ai fait appel à Dean, un ami de longue date. On avait déjà travaillé ensemble lors d’événements de hockey caritatifs avec nos amis à l’Association des anciens de la LNH. Ensemble, on s’est penchés sur la façon de concrétiser ce projet, et tout s’est enchaîné par la suite. Lors de leur concours des habiletés, les joueurs des Oilers ont utilisé six rubans de couleurs différentes sur leur bâton pour rendre l’idée du ruban de la Fierté, ce qui a attiré l’attention des médias du monde entier.

Comment avez-vous vécu, de votre perspective, ce phénomène en temps réel, avec de plus en plus d’athlètes et d’équipes qui ont commencé à utiliser le ruban de la Fierté?

DP : On avait de grandes ambitions. Concrètement, il suffisait qu’un seul joueur utilise le ruban d’une manière ou d’une autre, que ce soit sur le manche ou l’extrémité du bâton, ou même sur la lame. Ça nous importait peu, on se disait simplement que ce serait génial de voir un joueur le faire. Mais ça a pris de l’ampleur bien rapidement. On pense toujours avoir tout vu, puis il se passe quelque chose dans la communauté, ou une personne communique avec nous, et on découvre des histoires profondément touchantes de gens qui vivent des situations difficiles. Cette initiative du ruban de la Fierté peut aider à traverser ces épreuves et à retrouver un sens.

Les témoignages au fil du temps prouvent à quel point ce symbole a contribué à changer des vies, et même à en sauver. L’initiative a pris une ampleur qui a dépassé l’objectif initial et le message qu’elle véhiculait; le ruban de la Fierté est devenu un vecteur de dialogue et de soutien inconditionnel, et on s’en réjouit. Les gens utilisent ce symbole pour différentes raisons. Certains portent le message en s’impliquant activement en tant qu’alliés, d’autres le font simplement comme membres de la communauté. Mais ça a largement dépassé toutes nos attentes. On aime dire que plus rien ne nous surprend, mais c’est faux. Le mouvement ne cesse de grandir, et c’est tant mieux.

Est-ce que vous ressentez toujours cette même bouffée d’enthousiasme, dix ans plus tard, en voyant les gens utiliser le ruban de la Fierté?

JM : Il suffit de voir quelqu’un marcher en direction de la patinoire, sac de hockey à l’épaule, avec son bâton et notre ruban.

Ça fait quelque chose de voir ça un peu partout. Je peine encore à y croire, dix ans plus tard. C’est très touchant de savoir que ces gens qu’on ne connaît pas ont fait le choix d’acheter le ruban de la Fierté et de l’apposer sur leurs bâtons de hockey ou de baseball. Ça montre qu’ils adhèrent au message. On le dit souvent : nous, on ne fait que fabriquer le ruban. C’est vous qui en faites un symbole aussi puissant. Le ruban de la Fierté n’appartient à personne, sinon à ceux et celles qui l’achètent et qui croient en son message.

Le succès de Heated Rivality a créé un énorme élan de solidarité envers la mission du ruban de la Fierté. Les gens qui ont vu la série étaient nombreux à vouloir manifester leur appui en apposant le ruban sur leurs bâtons. Comment avez-vous perçu cette vague de soutien?

JM : Il y a une synergie naturelle. Ce que j’aime de notre fil Instagram, c’est qu’il permet entre autres de voir toutes sortes de formes artistiques. On a vu beaucoup de créativité de la part des adeptes de l’émission et du ruban de la Fierté. C’était le mariage parfait, en quelque sorte. Les gens faisaient des publications sur Heated Rivalry accompagnées de leurs illustrations, en incluant naturellement des bâtons avec le ruban de la Fierté. C’était super. Cette créativité, c’est un autre point fort de notre mouvement. On voit des choses qu’on n’aurait même pas été capables d’imaginer nous-mêmes. On est rendus complètement ailleurs.

DP : La série a tout de suite trouvé un écho. Tout le monde s’y reconnaissait d’une manière ou d’une autre. À mon avis, ce qui fait la différence avec cette série, c’est qu’elle a percé auprès du grand public. On a toujours eu nos appuis, que ce soit le milieu du hockey féminin, les groupes issus de minorités qui se servaient du ruban de la Fierté pour soutenir leur cause ou la communauté au sens large. Mais cette série est devenue un véritable phénomène populaire.

Le choix ne sera peut-être pas facile, mais avez-vous une anecdote favorite liée au ruban de la Fierté?

JM : Je me rappelle une soirée de la Fierté à Edmonton avec les Oilers. On avait été interviewés pour raconter notre histoire, et c’était retransmis à l’écran. Au moment où je retournais vers le couloir où l’on distribuait du ruban, l’un des placiers s’est approché pour me dire qu’il tenait à exprimer à quel point le ruban de la Fierté avait été important pour sa famille et lui. Malheureusement, sa sortie du placard avait rompu sa relation avec son père. C’est après qu’il eut rapporté le ruban à la maison et commencé à avoir des discussions avec son père à propos de l’initiative que les liens ont commencé à se réparer. Son père et lui ont maintenant une très belle relation, et ils estiment que le ruban de la Fierté y est pour beaucoup. Ce genre de récit, c’est très touchant. Ça montre que ce qu’on fait a un impact concret.

Cela fait maintenant dix ans que nous menons ce que nous appelons une « validation de concept ». Certaines des choses que nous faisons aujourd’hui n’auraient peut-être pas été possibles il y a cinq ou sept ans. Au fil du temps, on a tissé des liens un peu partout dans le monde, notamment avec la LNH et la LPHF. Ces relations nous permettent désormais d’avoir un réel impact dans la vie des gens.

Avez-vous prévu quelque chose pour le dixième anniversaire?

JM : Le mot d’ordre : plus de visibilité. Dean est en route pour Seattle en vue de l’événement de la Fierté là-bas. Moi, je suis à Edmonton. Je m’implique pour la soirée de la Fierté de l’équipe de baseball des Riverhawks, pour qui je conçois les chandails. Et il y aura la sortie du documentaire sur Luke Prokop vers la fin juin, ce qui veut dire des premières à San Francisco, Edmonton et Toronto. On va distribuer notre ruban à tout le monde qui assistera aux représentations en salle.

C’est très ponctuel, comme travail. Dean et moi, on fait ça bénévolement, en marge de nos autres responsabilités, quand on a du temps. On a tous les deux un vrai emploi, mais on essaie d’en faire autant que possible, et on espère pouvoir assister à encore plus d’événements et de tournois à l’avenir. On aimerait beaucoup donner davantage de conférences pour raconter notre histoire, dans l’espoir d’aider plus de gens. L’idée d’un livre sur les dix ans du ruban de la Fierté est aussi en train de prendre forme. Pour nous, il s’agit surtout d’aller à la rencontre des gens, de distribuer le ruban de la Fierté au plus grand nombre de personnes possible. Ce sont ces personnes qui nous servent d’influenceurs et d’influenceuses sur le terrain et qui peuvent toucher concrètement la vie des gens.

En conclusion, y a-t-il autre chose que vous aimeriez mentionner?

JM : Ce qui est clair pour nous – encore plus aujourd’hui qu’au début de cette aventure – c’est que les gens ne se rendent pas compte à quel point ce simple geste peut changer la vie de quelqu’un. On doit continuer à y travailler et redoubler d’efforts pour faire comprendre aux gens que cela fait vraiment la différence.

Certains diront que ce n’est que du ruban à apposer sur un bâton, sans plus. C’est un geste bien simple, certes, mais également très courageux. Et croyez-nous, ça a un impact. C’est un geste qui suscite forcément les discussions, directement ou indirectement, sur l’importance de l’inclusion au hockey et dans le sport en général. Un geste qu’on encourage à poser, parce que ça compte. Essayez-le et voyez par vous-mêmes les réactions.

Pour plus d'informations :

Esther Madziya
Responsable, communications
Hockey Canada

(403) 284-6484 

emadziya@hockeycanada.ca

 

Spencer Sharkey
Responsable, communications
Hockey Canada

(403) 777-4567

ssharkey@hockeycanada.ca

 

Jeremy Knight
Responsable, communications organisationnelles
Hockey Canada

(647) 251-9738

jknight@hockeycanada.ca

 

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